Par Stéphane BIGEARD

Ne cherchez plus le vrai événement littéraire de la rentrée 2021. Il se trouve du côté de Marseille, et dans toutes les bonnes librairies, sous la couverture des éditions Le Mot et le Reste. Cette excellente maison d’édition a entrepris depuis près de dix ans d’éditer ou de rééditer des textes majeurs de Kenneth White. Elle nous a livré en septembre dernier un opus ultime : une imposante somme autobiographique et intellectuelle de près de 460 pages enrichie de photographies choisies. Précisons que l’auteur a rédigé l’ouvrage dans sa langue maternelle et que Brice Matthieussent en a établi la traduction, prenant ainsi le relais de Marie-Claude White qui pendant des décennies a signé de remarquables traductions des œuvres du poète-penseur (1). L’ouvrage est par ailleurs dédié à cette dernière, comme beaucoup d’autres, en tant que compagne de toujours. Elle trouve la place qui lui revient également en couverture en nous donnant cette photographie de Kenneth White faisant zazen, méditant entre deux langues de terre, le regard fixé sur un espace océanique et peut-être plus qu’océanique.

Lire la suite : Une œuvre immense et essentielle — sur « Entre deux mondes », l'autobiographie de Kenneth White

Les Cahiers de l'Océanite :


Lionel Marchetti, vous venez de publier sur Bandcamp une œuvre de musique concrète intitulée PLANKTOS en collaboration avec Régis Poulet, auteur d’un ouvrage poétique du même titre paru en 2018 chez Isolato. Pouvez-vous rappeler à nos lecteurs ce qu’est la musique concrète ?

Lire la suite : A propos d’une musique concrète géopoétique (Entretien L. Marchetti – R. Poulet)

 

Dans le Zohar, il est dit d’un vieux sage, seul dans sa chambre, plongé dans l’étude de « la Loi » (pour changer de contexte culturel, on pourrait dire « du Logos » ou « du Tao »), qu’il fait se mouvoir l’univers et maintient le monde.

Extravagant, n’est-ce pas ? Mais des livres comme le Zohar ne se lisent pas comme le journal quotidien ou le dernier roman.

Sans me prendre aucunement pour un « vieux sage » (ce n’est vraiment pas mon genre : je reste sur le terrain, parfois scabreux et abrupt, et dans ce que j’appelle « le champ du grand travail »), dans ces temps de « confinement » imposés par une irruption virologique, c’est cette image qui me vient à l’esprit.

Lire la suite : Fondement et Horizon


1.    Un lieu

Début des années 1960, un mot paraissait de plus en plus souvent dans mes carnets : Ardèche. J’ai su plus tard que pour Stéphane Mallarmé, un des poètes français les plus intéressants du 19e siècle, qui avait un temps enseigné l’anglais en Ardèche (au lycée de Tournon, 1863-1866), le mot signifiait : l’art et la dèche. Il signifie cela aussi pour moi, mais aussi beaucoup plus.

Dans ce « beaucoup plus », il y avait d’abord une géographie.

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