Maintenant je suis propriétaire établi
là tout au fond de ma tête
Des collines matricielles au monde blanc. »
Par “espace”, précisons que je ne me réfère pas forcément à l’espace interstellaire, que je peux admirer en tant que tel, mais sans aucune envie de m’y rendre, étant très bien adapté à l'espace terrestre.
Je parle dans un premier temps de cette ruée d’eaux sauvages qui surgit de l’océan glacial arctique (Jan Mayen, Islande) descend jusqu’à l’espace de l’atlantique nord, vers les Açores, et le Cap Vert, et de là jusque dans le bassin sud atlantique indien.
Quelle plus belle inconnue que la Terre ?
L’évidence de sa présence nous la fait souvent oublier. De temps en temps, collectivement, à l’occasion d’événements frappants qui mettent en jeu soit son activité propre (séismes, volcanisme) soit son étendue (conquêtes, exploitation), elle semble réapparaître.
Elle est pourtant la condition sine qua non de notre existence.
Le seul monde.
J’aimerais commencer par citer un de ses amis et pairs en poésie, Gary Snyder, qui écrit à propos de lui :
« Quel autre poète nous donne une telle clarté, une telle ouverture, une telle pureté de l’esprit, un extrême-nord de l’âme, un chemin sans chemin ? »
Bien que les mots de « pureté » et d’« âme » puissent résonner différemment en français et que Kenneth White ne les reprenne guère, les propos de Gary Snyder condensent parfaitement ce qu’il y a à dire sur l’œuvre de l’auteur des Cygnes sauvages.